Le récit d'une aventure
Deux étudiants en prépa, une envie commune de liberté : c'est comme ça que tout a commencé. Voici le récit de notre aventure de 10 jours dans les Pyrénées!
La genèse
Depuis l'été 2020 et une nuit dans la voiture sur un col du Pays-Basque avec mes frères, j'avais envie d'explorer les montagnes avec mon appareil photo pour profiter des ciels sombres, loin des villes. L'algorithme de YouTube me propose ensuite de multiples vidéos de voyage, de vanlife...jusqu'au jour où ce n'est pas une vidéo de road trip, mais une vidéo de bike-packing qui apparaît sur mon écran. J'en discute avec un ami qui a déjà sillonné une bonne partie du sud de la France en vélo, et il n'en faut pas beaucoup plus pour me motiver ! C'est à partir de là, en janvier 2021 environ, que je découvre le monde magnifique du voyage à vélo. Je me renseigne, je passe beaucoup de temps à faire des recherches, et je commence à construire mon vélo...
Mon vélo


Mes sacoches bidons

La formation d'une équipe !!
A le rentrée des vacances de février, sur les bancs de la cour de la prépa, Lucas et moi discutons de vélo, et je demande à Lucas, sur le ton d'une plaisanterie, si il veut partir avec moi. Lucas a répondu oui...et c'était parti ! L'équipe était ainsi formée, pour un projet un peu fou, sans savoir ni comment ni quand, mais avec une envie commune : grands espaces, nature, liberté, pour contraster avec ces deux années monotones de prépa.
La prépa...encore...mais plus pour longtemps

Le vélo de Lucas

Première sortie !

Équipement

L'heure du départ

Jour 1 : vers le Sud
55km vers le Sud. Facile...
Mais à 10km du départ...pchiiiit ! Le pneu de Lucas se dégonfle en un rien de temps : le pneu est lacéré sur la bande de roulement. Sans doute un morceau de verre.


Jour 2 : dans les montagnes

Nous bivouaquons sur une petite colline, avec pour seul bruit les cloches des moutons et de vaches.
Jour 3 : premier col
Le port de Balès. 19km de montée, très irrégulière, sous la brume pour la fin.

Au sommet, nous rencontrons Manu, un traileur aguéri qui avait aussi fait des périples à vélo. Des conseils et des encouragements bienvenus après ces nombreuses heures de souffrance.

Nous bivouaquons dans un champ quelques km après le début de notre deuxième col : Peyresourde.
Jour 4 : l'apocalypse

Après une pause dèj, nous enchaînons sur la Hourquette d'Ancizan. Et là les choses deviennent compliquées : au bout de quelques km, la brume nous tombe dessus. S'ajoutants aux dénivelés, l'humidité et l'absence totale de visibilité rendent la montée éprouvante.
Nous arrivons en haut, sans voir à plus de 5m, et posons le bivouac au premier endroit plat que nous trouvons au bord de la route.
Jour 5 : l'ascension

Objectif : le Tourmalet.
Nous descendons la hourquette d'Ancizan, et roulons vers le bas du Tourmalet. Nous entamons la montée en début d'après-midi.
La montée est bien moins rude que le port de Balès ! Les paysages sont beaux, mais la route, assez passante, n'est pas rassurante. Dommage pour un col réputé du Tour de France.

Nous arrivons au sommet sous la brume encore une fois, mais avec l'espoir que cela se découvre !
C'est lorsque nous préparons le bivouac que la brume se lève. Le paysage qui se dévoile est sublime. Des murs de roche, impressionnants, se dressent des deux cotés du col. S'en suit un coucher de Soleil magnifique.
Juste en bas du pic du Midi et de son observatoire, mais tout de même à 2115m, le ciel est extrêmement pur. La nuit claire nous a permis d'admirer les étoiles : la Voie Lactée la plus belle que j'ai jamais vue. C'était l'occasion de sortir l'appareil photo et le trépied !
Jour 6 : détour salvateur
La nuit fut courte. Sur le coup de 4h du matin, le vent s'est levé. Un vent à déplacer les montagnes...et à plier la tente. J'ai passé les dernières heures de ma nuit à tenir l'arceau de ma tente pour ne pas qu'il se casse.
Nous décidons donc de poursuivre en allongeant un peu le parcours par la vallée pour éviter le col de l'Aubisque. Nous passons donc par Lourdes et continuons quelques kilomètres. Nous bivouaquons et passons une bonne nuit réparatrice sur un terrain de foot abandonné, seulement utilisé par un chevreuil.
Jour 7 : ça roule
En passant par la vallée, nous évitons les pentes, mais il faut rouler plus. C'est donc une journée kilométrique, mais toujours sympatique. Les routes sont peu fréquentées, et réservent quelques pentes pour être sûr de ne pas s'ennuyer. Nous rencontrons un collègue bikepacker qui décide de camper avec nous plutôt que de continuer dans la brume.
Jour 8 : encore un col

Nous assistons à un coucher de Soleil flamboyant.

Avec les 3h de sommeil que nous ont octroyé le vent, épuisés, nous décidons de finir notre périple par la vallée. Nous évitons ainsi le col d'Iraty, réputé pour être horriblement pentu. Plusieurs locaux nous l'ont confirmé.
Jours 9 et 10 : "on va prendre la vallée, ça sera plat..."

Nous franchissons tout de même de nombreux petits cols, entre 400m et 500m d'altitude. L'effort est très fractionné, ce dont nous n'avons pas du tout l'habitude ! C'est tout de même toujours assez rude physiquement, et nous comprenons alors que nous avons fait le bon choix en évitant les derniers hauts cols.
Jour 10 : après 550km, retour à la civilisation

Nous arrivons à Saint-Jean de Luz vers 11h. Il y a des gens partout, les rues sont bondées. C'est quelque chose qui ne m'avait vraiment pas manqué !
La fin d'une aventure
Cette expérience restera gravée. De la construction de mon vélo jusqu'en haut des cols du Tour de France, j'ai énormement appris. Autant sur le plan de la mécanique que sur le plan mental et physique. Avec Lucas nous avons su sortir de notre zone de confort tout en reconnaissant nos limites : nous avons ainsi profité de chaque instant en toute sécurité !
Je suis entièrement séduit par ce mode de voyage. Le vélo est pour moi le meilleur moyen de découvrir le monde. Pas de pétrole (#camping cars qui fument noir dans les cols), pas de bruit (#motos), et surtout le bon rythme pour vraiment découvrir et profiter des lieux traversés.
Prochain objectif : les volcans d'Auvergne ? La Nordmandie ? Les côtes Bretonnes ? Les Vosges ? Le monde ?
Le budget
Investissement à long terme : -Rénovation totale du vélo : 500€ -Equipement bivouac : 350€ Coût de consommation: -TGV : 80€ -Nourriture : 100€ par personne pour 10jours





















